Inspiration – L’autisme, par Timothy Archibald.

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Je vous propose aujourd’hui de vous laisser inspirer par une série un peu étrange.

Ces photos m’ont particulièrement plu pour leur authenticité et leur intensité… J’ai trouvé la manière dont Timothy Archibald photographie son fils très vraie mais pas trop « crue », et particulièrement intéressante car il ne s’agit pas ici de mises en scène.
En effet, d’après le photographe, c’est bien l’enfant qui est à l’origine des images ; il est vraiment partie prenante de la prise de vue. Son père le photographie spontanément quand une situation lui semble évocatrice, collaborant parfois avec l’enfant, Elijah, pour améliorer le visuel.
La production d’images s’avère ici être un moyen de communication entre Timothy Archibald et son fils.

Il peut être facile (et porteur !) de surfer sur le thème du handicap ou d’autres situations difficiles, surtout liées à l’enfance…
Ainsi, pour moi, il faut vraiment que la série soit extrêmement forte et « tienne suffisamment la route » pour que l’on parvienne à s’extirper du sujet abordé, que l’on pourrait éventuellement supposer prétexte, et à entrer vraiment dans l’expression photographique.

[toggle_container] [toggle title= »A few words in english… Click to read! »]
Please, excuse me in advance for my english. I hope you will appreciate to read some of my feelings about this photographic work, even if my english is far from perfect. 🙂
Here is the photographic work of Timothy Archibald, about his son, Elijah, an autistic boy.
I really like that these pictures are not some photographic settings but the reality of Elijah world.
The theme of the handicap is a really difficult one ; it can be seen as a pretext to attract interest! So the photographs must be, in my opinion, even stronger than others to make us forget the subject and discover the photographer’s meaning.
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Visuellement, il me semble retrouver un peu de l’univers de Patrick Taberna dans le rendu des couleurs, et cette manière de présenter l’humain, toujours un peu de façon détournée.
Au niveau du sens, ces images ne me semblent contenir ni voyeurisme, ni pitié, ni, non plus, de négation de cette réalité qu’est l’autisme.

L’étrangeté cohabite avec la naïveté enfantine, sa créativité, même. Cela permet que la série, selon mon ressenti, ne traite pas seulement de la différence mais aussi de la ressemblance. Elle évoque le monde de l’enfance, universel, au delà de la maladie ou du handicap.

Après tout, les adorables bambins d’Alain Laboile ont, eux aussi, leurs idées farfelues et leur manière personnelle et créative d’interagir avec l’environnement, sans qu’aucun handicap n’ait bien sûr été diagnostiqué.
Qui ne s’est jamais caché / lové dans un carton pour en faire son nid, sa maison ? 🙂

[toggle_container] [toggle title= »A few words in english… Click to read! »] Visually, the pictures remind me the french photographer Patrick Taberna‘s ones ; he, too, often shows his characters in an indirect way.
Regarding the meaning, I don’t see, in these pictures, neither voyeurism, nor pity, nor moreover an intention of denying autism.
The photographs are strange but, in the same time, they are, above all, so childish and creative! Alain Laboile’s childs (another very talented french photographer which shoots his family) have, too, their eccentric ideas and personal ways to discover the world, and they are not handicapped or autistic, of course.
Did you never hide in a box, as a child, to make a bed or a house?! 🙂
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Personnellement, j’aime bien les ambiances fortes, mais pas les histoires qui finissent mal.
Ainsi, je préfère pencher du côté du conte que du thriller, même si les couvertures de roman que je réalise font souvent partie de la seconde catégorie.

Ici, l’atmosphère des images oscille entre un côté un peu glauque qui exprime sans doute une certaine souffrance, et cette naïveté enfantine d’un Petit Prince qui est sur sa propre planète.
J’y vois plutôt une histoire qui finit bien ou, en tous cas, qui s’écrit pour le meilleur et évolue dans le bon sens.

[toggle_container] [toggle title= »A few words in english… Click to read! »] Personally, I like strong pictures and atmospheres but I don’t like unhappy ending stories…
These pictures are strong, sure, and perhaps a little bit creepy, because of the suffering of disease… However, I see above all in it a Little Prince on his own planet and a happy ending story or, nevertheless, a not so sad one.
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Pour découvrir l’ensemble de la série, RDV sur le site de Timothy Archibald.

Comment vous sentez-vous devant ces images ? Est-ce qu’elles vous gênent ? Est-ce qu’elles vous choquent ? Pensez-vous qu’il y ait des sujets que la photographie ne doit, ne peut pas aborder ?

On photographie souvent de beaux paysages, des animaux mignons, des enfants rieurs, des jolies fleurs, des jeunes filles souriantes, d’agréables couleurs… N’y a-t-il pas certains sujets moins esthétiques que vous pourriez avoir envie de traiter, qui vous permettraient de vous essayer à autre chose et de faire un pas en avant dans l’expression photographique ?
Cette série témoigne du fait que tout sujet a tout de même son esthétique et peut être traité de façon artistique.

[toggle_container] [toggle title= »A few words in english… Click to read! »] How do you feel, looking at these photographs? Do you think some subjects are not good to be shot?
We often capture nice landscapes, sweet pets, laughing childs, beautiful flowers, rewarding colors… Don’t you think it could be interesting for you to highlight a less esthetic subject to express something you believe in, something you care about, something which is really important to you… through pictures?
Timothy Archibald’s photos prove that every subject has his own esthetic and can lead to an artistic project. 🙂
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10 comments

  • Neida

    On ne peut pas rester indifférent devant ces photos. Elles sont dures et tendres à la fois. Le photographe se sert de son art pour communiquer avec son fils et il en ressort des images très fortes et pleines d’amour. On en oublie presque le handicap pour ne voir que la naïveté de l’enfance. Pourquoi ne devrions nous montrer que le beau côté de la vie, la souffrance existe…et même si le sujet nous met mal à l’aise… il est ici merveilleusement bien traité.

  • isabelle83

    une superbe série de photos. Dérangeantes ces photos ? non, certainement pas. Au dela du handicap, j’y vois un enfant, dans son univers un peu particulier, mais son univers à lui. Les images sont pleines d’émotions. N’aimerions nous pas aussi s’isoler un peu de ce monde, se mettre dans une bulle, notre bulle à nous ? merci pour ce moment de partage

  • annette

    bonjour Anne Laure
    cette série de photos très émouvantes et très fortes m’a beaucoup touchée. Merci de partager des univers différents

  • Cécile

    C’est très riche, il y a beaucoup d’amour dans ces photos, et le mystère aussi de la communication avec son enfant. Je suis très touchée par ces images qui parlent de leurs points de rencontres et d’ouvertures, et également du mystère de leurs incompréhensions, de leurs univers qui se croisent, se rencontrent, se séparent. De la poésie, de la tendresse, on y sent des sourires et des larmes mélangées. C’est très fort. J’aime énormément. Je suis touchée.

  • Pascaline

    Ces images sont très touchantes même si elles ont un petit côté dramatique dû au vignettage et aux tons un peu sombres… On sent bien que cet enfant est dans son monde, son visage est souvent caché ou ses yeux fermés : l’image la plus forte selon mon ressenti est celle où il est dans la boite en plastique, nu, comme aux premiers jours de sa vie, protégé dans le ventre de sa mère…
    Si la photographie permet au père de communiquer avec son fils, alors pourquoi s’en priver !

  • smarroncles

    Chaque « photographe » immortalise à sa façon les instants de vie qui lui sont chers. A travers cette série très touchante, je ne ressens pas de souffrance et encore moins de voyeurisme mais au contraire le témoignage plein de sensibilité d’un père vis à vis de l’univers de son fils. La vie est belle et dure à la fois. Elle est chargée de son lot d’émotions et chacun d’entre ceux qui aiment faire des images la traduit à travers sa propre sensibilité. Et lorsque l’on est parent, quel plus beau sujet que son enfant ? (je vais atteindre les 20 gigas de photos alors que ma pépette n’a que 10 mois …).
    Bonne initiative que de nous faire partager cette série émouvante.
    Et une bonne journée

  • Anne-Laure Jacquart

    Merci à chacun d’entre vous de nous avoir partagé votre ressenti sur ces images. Je suis vraiment contente qu’elles vous aient touché autant que moi. Il y a tant d’univers dont nous pouvons nous inspirer pour réaliser nos créations personnelles !… 🙂

  • Tam

    Bonjour Anne Laure et Cie,
    Merci de nous avoir fait partager cette série de photos. Je la trouve belle, poétique, touchante et sérieuse en même temps. Pas dérangeante, ni voyeuse, sans doute parce que l’on ressent la complicité entre l’enfant et son père. Et si, des photos me font penser à l’autisme, je ne pense pas que j’aurais pensé cet enfant autiste si tu ne nous avait pas prévenu. C’est l’universel plus que la maladie que l’auteur de ces photos touche.

  • stéphanie LECLAINCHE

    Je viens juste de découvrir cet article alors que je faisais des recherches sur les photos de l’autisme. C’est un comble, moi, ta plus grande fan ! 😉 Ces photos me touchent beaucoup. J’ai en tête un projet similaire avec Ugo, je souhaite montrer que le vie est certes différente avec un enfant autiste, mais pas moins riche ni joyeuse, au contraire ! En effet si on parvient à mettre un peu de côté le regard d’autrui souvent blessant (mais c’est par manque d’information seulement), on arrive à mener une vie heureuse où les priorités sont remaniées, mais est ce vraiment un mal ? Les moments de doute sont les pires, aussi on tente de les balayer, mais parfois ils nous harcèlent. La photo a été pour moi une vraie thérapie. Aussi je souhaite désormais l’utiliser pour raconter notre histoire et donner de l’espoir à tous ces parents qui se battent au quotidien pour leur enfant, pour les aider à traverser ces moments de doute. Car les progrès sont possibles, même si évidemment cela dépend de où l’enfant se trouve dans le spectre. Ugo ne parlait pas à 3 ans,puis il y a eu l’écholalie il était plein de stéréotypies et de tics, il a été diagnostiqué qu’à 9 ans et demi (une vraie libération), il avait des comportements inadaptés, on voulait le mettre en classe spécialisée à 7 ans. Il a aujourd’hui 13 ans, il est en 4ème avec une AVS à temps plein et il s’en sort pas mal. Il est aujourd’hui difficile de dire a priori qu’il est autiste, même s’il a encore beaucoup de particularités, j’ai bon espoir d’en faire un adulte autonome et de profiter de ma retraite ! 😉 Bref, j’aimerais bien faire cette série, mais je cherche encore comment.
    Ps : au moment où j’écris ce commentaire, Ugo est en train de se préparer son petit déjeuner, tout seul !
    Ps2: Bien entendu, je devrai nettoyer après son passage… Mais c’est aussi un ado ! 🙂

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